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Test de Pathfinder : Kingmaker – Le passage de la table à l’écran

Pathfinder… Voici un nom qui résonne telle une douce mélodie aux oreilles des aficionados de jeux de rôles sur table au même titre que le cultissime « Donjon et Dragons » dont il est issu. Sorti en France en Février 2008, il réunit de plus en plus d’adeptes à travers le monde.

Malgré cet énorme succès, peu de développeurs vidéoludiques ont tenté d’adapter son univers sur nos machines. Seuls les Américains d’Obsidian, grands spécialistes du jeu de rôles nous ayant déjà offert entre autres la série des « Star wars KOTOR » ou encore les « Pillars of Eternity » ont osé tenter l’expérience avec un jeu de cartes dérivé du système de combat original. « 37Games » a annoncé également sortir un autre jeu de cartes tiré de la licence sur mobile. Cependant le studio n’a pas donné de nouvelles depuis un certain temps…

C’est alors qu’arrivent les petits Russes « d’Owlcat Games » venu nous proposer de revivre une campagne des plus connues de Pathfinder : la campagne Kingmaker.

Un royaume à conquérir

« Mon nom est Linzi et je suis l’auteure du livre que vous tenez entre les mains. Toute fraîchement sortie de l’académie impériale des bardes et ayant une énorme soif d’aventure, j’ai sauté sur l’occasion dès que cette lettre a franchit les murs de l’académie qui est une demande d’aventurier afin d’accomplir cette quête sans commune mesure : libérer une Baronnie du joug d’une troupe de voleurs pour ensuite en prendre le contrôle et régner sur ces terres.
Loin de moi l’idée de devenir baronne, mais là-bas je fus sûre de trouver un héros digne d’en conter les exploits. De plus, les épais murs de cette école m’étouffaient un peu plus jour après jour et pensant que la place d’un barde se trouvait avant toute chose sur le terrain, je me dépêchais de finir mon baluchon avant de me mettre en route.

Une fois sur place, Lady Jarandi Aldorie, régente de ces terres, nous expliqua la situation à moi ainsi qu’à tous les nombreux autres aventuriers réunis. Forcément, ce n’est pas tous les jours qu’une récompense pareille, à savoir se faire anoblir et hériter d’une baronnie, ne se présente.
À mesure que Lady Jarandi Aldorie continuait ses explications, je scrutais les alentours afin de me faire une idée sur qui suivre durant cette mission et surtout quel mercenaire mériterait que l’on conte ses exploits ?
De nombreuses personnes de toutes races avaient répondu à l’appel : des humains, des elfes, des nains ou autre halfelins, mais je pensais avoir trouvé la personne idéale et timidement je m’approcha d’elle.

Suite à cette réunion, chaque aventurier se vit attribuer une chambre avant le grand départ prévu pour le lendemain, mais cette nuit réserva d’autres surprises … »

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Un héros et ses fidèles compagnons

Jeu de rôle oblige, c’est à vous de créer votre propre avatar et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a du choix, même si l’intégralité des races et autres métiers du JDR papier ne s’y trouve pas. Celui ci est bien trop énorme pour être intégré sans donner le tournis, il y a très largement de quoi créer le personnage de vos rêves que ce soit en matière d’apparence, de spécialisation martiale, de compétences d’éloquences ou encore d’alignement bon/mauvais avec de très nombreuses options disponibles.

À cela vient bien sûr s’ajouter encore un très grand choix de compagnons qu’il est possible de rencontrer au cours de l’aventure et d’intégrer à votre groupe. Il faut néanmoins que vous réussissiez à les convaincre de vous rejoindre, ceux-ci ayant parfois leurs propres objectifs à accomplir ou même s’ils ne décident carrément pas de rejoindre un autre groupe car ils n’ont pas suffisamment d’affinité avec le vôtre.

Du lancé de dés au clic de souris

Comme dit plus haut, Pathfinder Kingmaker est l’adaptation du jeu de rôle papier du même nom et plus précisément de la campagne Kingmaker très connue et particulièrement appréciée des rôlistes. Du point de vue scénaristique, les bases ont été complètement conservées, à savoir que le groupe de héros devra d’abord libérer un royaume pour ensuite régner et le défendre comme tout bon seigneur.

Et dès le début, le nombre d’options donne le tournis. Non seulement celle de la création de personnages, mais aussi du jeu en lui même jusqu’à choisir si durant les combats, on préfère voir les barres d’énergie des ennemis, un chiffre ou simplement rien du tout. Il y’ a six modes de difficultés disponibles allant de jouer juste pour l’histoire jusqu’au mode ultra dur avec mort permanente des personnages. Et pour ceux désirant encore plus d’options, celle-ci est entièrement paramétrable.

Techniquement, PK se présente comme un jeu de rôle en vue de trois quarts dans la droite lignée des Divinity et autres Baldur Gates où vous contrôlez un groupe de personnages aux aptitudes complémentaires que ce soit dans les villes à chercher des quêtes ou autres indices ou dans les donjons à combattre les monstres. Les règles des combats calquées sur le jeu de table sont à base de jet de dés. Quant aux magies, encore une fois elles ne dépayseront pas les rôlistes habitués du JDR.

L’évolution des personnages se fait classiquement via un système d’expérience, comme sa version papier,de mettre des points dans la spécialité que l’on souhaite (par exemple commencer avec la classe de guerrier n’empêche pas de prendre des niveaux dans la classe druide) Ce qui donne des personnages totalement uniques d’autant que l’alignement modifie lui aussi le type de magie (un prêtre d’alignement mauvais aura plus d’affinité avec les sorts luttant contre les morts vivants).

Certaines phases du jeu fonctionnent comme un livre dont vous êtes le héros. Vous entrez alors littéralement dans le livre écrit par Linzi et devrez faire les bons choix selon vos envies, mais aussi vos aptitudes (ne tentez pas d’escalader un mur si aucun de vos personnages n’est bon acrobate). Ces phases rendent encore un peu plus hommage aux racines rôlistes du titre.

Une dernière petite chose en ce qui concerne le gameplay réside dans le nombre de choix à faire. Bien évidemment, dans un jeu de rôle sur table on est totalement libre de ses mouvements. Cependant même s’il ne serait pas possible d’avoir une telle liberté dans un jeu vidéo, celle-ci se révèle malgré tout extrêmement large pour son média et il est possible de résoudre les quêtes via de nombreuses méthodes allant du bourrinage pur et simple aux négociations en tout genre.

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Beau, mais pas à tomber par terre

Graphiquement, Pathfinder Kingmaker a bénéficié d’un travail soigné. Les décors restent très agréables à l’oeil même en basse résolution et les changements d’ambiances sont nombreux vu le nombre d’endroits à visiter (un peu gâché, il faut le dire, par des temps de chargement relativement longs) D’autant que les changements climatiques sont de la partie.

Les personnages eux par contre jouent une catégorie en dessous et semblent un peu plus grossièrement modélisés. Ceci dit, nous sommes rapidement rattrapés par de jolis artworks représentant les avatars. Il est juste dommage de ne pas en avoir un peu plus vu le nombre de possibilité à la création des personnages.
La musique quant à elle colle juste parfaitement à l’action et nous transporte dans un monde d’heroic fantasy rappelant les moments épiques des meilleures histoires de chevaliers.

Ainsi avec tout ça, faire le tour du jeu entre la libération du royaume, sa régence et le nombre de petites choses à faire entre-deux et pour peu que l’envie vous prend de recommencer l’aventure avec un autre avatar complètement différent ainsi que les nombreuses méthodes pour finir les quêtes, vous en aurez pour un moment avant de vouloir effacer Pathfinder de votre disque dur.

Les dés sont jetés

On peut voir Pathfinder Kingmaker de deux façons :

D’un côté, celle de l’amateur de JDR qui retrouvera énormément de choses venues du jeu de table, que cela soit les combats, l’ambiance en général, les magies,le système d’évolution, les races et autres métiers (il suffit de connaître le wikipédia du jeu pour voir que toutes les définitions de l’encyclopédie intégrée en sont tirées). De plus de nombreuses références aux différentes campagnes sont présentes dans les dialogues qui ne seront vus que par le rôliste.

De l’autre, celle de l’amateur complet qui découvre le monde de Golarion et qui y verra un bon jeu dans la veine des « Baldur’s Gates », mais échappera immanquablement à toutes ces références. Pire il pourrait être perdu dans cette masse de données et ceci nécessitera un temps d’adaptation (surtout si les développeurs décident de sortir des extensions afin de compléter les races et les métiers) afin d’intégrer ce système venu d’un autre média pour apprécier pleinement le titre (pour ceux-là, retirez 1 point à la note finale).

En bref Kingmaker est un très bon jeu à réserver cependant à un public conscient et prêt à accepter son héritage jeu de table dont il fait un brillant hommage malgré quelques petits défauts (des temps de chargement un peu longs ou la modélisation des personnages). Non pas qu’il soit inaccessible aux néophytes, mais ceux-ci devront passer par une période d’adaptation avant de vraiment commencer à s’amuser et pourquoi pas découvrir le reste de l’univers Pathfinder.

Good
  • Les choix moraux nombreux
  • Une campagne excellente
  • La durée de vie
  • Le respect de l'univers Pathfinder...
Bad
  • Les temps de chargement un peu longs
  • Animations un poil grossières
9
Incroyable

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